Portrait Chai Julip

- Catégories : Vignerons et Domaines

Qui êtes-vous ?

Je suis Judith Melka, fondatrice avec Philippe Peignier du Chai Julip, créé en 2021 à Saint-Geniès-de-Fontedit. Je suis parisienne et j’ai longtemps été cheffe de cuisine, tandis que Philippe, corse et issu d’une famille de vignerons, était pilote d’avion. Devenir vignerons a été pour lui un retour à ses racines.

De mon côté, j’ai contribué dès les années 2000 à faire découvrir les vins du Languedoc à travers la restauration, en mettant en avant des domaines comme Canet-Valette, Rimbert ou Borie La Vitarèle.

Passer de la cuisine à la vigne s’est fait naturellement : on retrouve la même alchimie des saveurs, mais avec la dimension du temps long, essentielle dans le vin et bien loin du rythme intense des services en restauration.

Philippe, lui, vit au rythme de ses vignes du matin au soir avec une énergie inépuisable. Ni la météo ni la fatigue ne l’arrêtent. Il veille sur chaque pied de vigne et affectionne particulièrement la taille. Comme il le dit avec humour : il était un vieux pilote, il est aujourd’hui un jeune vigneron.


Votre vignoble en quelques mots ?

Le domaine s’étend sur 12 hectares, dont 9 en AOP Saint-Chinian, avec des cépages syrah, grenache, carignan et cinsault sur des sols de schistes.

Nos vignes sont situées à 220 mètres d’altitude, plantées en courbes de niveau, ce qui offre quatre expositions différentes. Certaines ont plus de 50 ans, ce qui apporte profondeur et complexité aux vins.


Votre métier, c’est quoi ?
Être vigneron, c’est accompagner le vin du fruit de la terre jusqu’au verre du consommateur. C’est un métier rare où l’on suit un produit de bout en bout.

Nous conduisons le domaine en agriculture biologique depuis le début. Sur nos schistes en pente, nous ne travaillons pas les sols : les brebis pâturent en hiver et l’entretien est manuel le reste de l’année. Nous pratiquons une taille douce, des vendanges manuelles et des vinifications avec levures indigènes, avec des extractions délicates et sans intrants, sauf un léger ajout de soufre à la mise si nécessaire.

Notre principal défi reste la commercialisation, une partie du métier exigeante et chronophage.


Votre vin phare ?
Notre cuvée phare s’appelle Leïla. Elle incarne fraîcheur, rondeur, sapidité et minéralité. C’est un vin nature, un Saint-Chinian contemporain, droit et juteux, fidèle à son terroir. Nous recherchons avant tout le fruit et la complexité, sans intrants.

Nous l’aimons particulièrement avec une tatin d’aubergine.


Pourquoi l’appellation Saint-Chinian ?
Nous avons choisi le Languedoc pour le style des vins, la richesse des terroirs et une accessibilité encore possible. C’est naturellement que nous nous sommes installés en Saint-Chinian, une appellation vivante et inspirante.


Un mot pour les amateurs de vin ?
Nous sommes convaincus que le vin parlera toujours à l’âme. Aujourd’hui, la quantité n’a plus de sens : seule compte la qualité et la sincérité du terroir, sans chercher à plaire à tout prix.

Nous sommes des artisans du vin, du début à la fin.

Si je devais définir notre domaine, je dirais qu’il ressemble à un “couteau de peintre” : nos vignes semblent dessinées par un artiste.


Philosophie & confidences
Parmi les vins qui nous ont marqués, je citerais “Mille et une nuits” du domaine Canet-Valette, une émotion dégustée il y a plus de 25 ans, ou encore “Blonde du Seigneur”, la Côte-Rôtie de Christine Vernay.

La musique occupe aussi une place importante dans ma vie : c’était mon premier métier.

Au domaine, nous avons même une mascotte, Albert, un rossignol, qui nous accompagne souvent pendant la taille.

Nous élaborons des vins que nous aimons boire, et toutes nos cuvées portent des prénoms, comme autant d’enfants liquides.

Le printemps est une période que nous aimons particulièrement : la nature se réveille, le millésime se dessine, tandis que les vins de l’année précédente commencent à révéler leur véritable expression. C’est un moment suspendu entre deux millésimes.

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